Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, l’école n’est pas l’unique responsable de la réussite
ou de l’échec scolaire des enfants. En effet, l’attitude de la famille, notamment celle des parents, est
un facteur clé du bon déroulement de la scolarité des élèves.
Quelles pratiques familiales influencent la scolarité des enfants ?
Divers éléments entrent en jeu dans la mesure de l’accompagnement de la scolarité des enfants.
Parmi eux, les relations de la famille avec l’école, l’aide aux devoirs, le suivi parental du travail
scolaire, ainsi que la communication entre les parents et les enfants concernant leur quotidien à
l’école et leur état affectif. La pression familiale influence tout autant la scolarité des enfants. Celle-ci
peut se traduire aussi bien par des renforcements positifs que négatifs. D’après de nombreux travaux
de recherche, l’accompagnement de la scolarité par la famille se décline en cinq dimensions
majeures : le soutien affectif, la communication avec les enseignants, la communication avec l’école,
la communication avec l’enfant et les interactions basées sur le travail à l’école. Selon plusieurs
études, le soutien affectif de la famille, intégrant des dialogues concernant l’école, les appréciations
des enseignants et les options à choisir, serait le premier annonciateur de la réussite scolaire d’un
enfant. D’autres travaux indiquent que c’est le style parental qui serait le principal moteur des
mécanismes éducatifs familiaux. D’après eux, l’encadrement, l’engagement de la famille ainsi que
l’encouragement à l’autonomie ont une influence considérable sur la réussite scolaire.
L’anxiété des devoirs à la maison
Selon une étude réalisée pour le Conseil supérieur de l’éducation au Québec, 70 % des parents
apportent leur soutien aux enfants. Cependant, beaucoup d’entre eux vivent cette situation comme
un « véritable cauchemar ». En effet, 34 % des parents indiquent que les devoirs à la maison sont une
cause de stress et de lutte au sein de la vie de famille. La poursuite d’une réussite académique peut
créer une réelle appréhension de la part des parents quant à l’avenir des enfants. La réussite scolaire
représentant une nécessité pour certains, elle peut être source de pression et de conflits entre les
parents et leurs enfants lors des devoirs. Qui plus est, beaucoup de parents éprouvent des difficultés
à comprendre les devoirs des enfants et donc à les accompagner de manière adéquate. C’est
pourquoi ce travail à la maison peut être une véritable source de frustration et de gêne pour les
familles. D’autre part, même si l’implication des parents est souvent perçue comme positive par les
enfants, le fruit de ces efforts peut être atténué par des attitudes qui ne sont pas toujours adaptées.
Une mobilisation familiale inégale
Il existe plusieurs types d’engagement parental. Certains peuvent être totalement absents,
n’apportant aucune aide aux enfants et ne proposant pas de cours particuliers. D’autres sont effacés
et témoignent d’un soutien irrégulier, tout en oubliant certains domaines de la vie scolaire de
l’enfant. On retrouve également les familles appliquées qui proposent un soutien intense et
quotidien mais aussi celles mobilisées, qui aident l’enfant au travail scolaire et prennent également
du temps pour les rapports avec les enseignants, essayant d’établir un environnement favorable à
une bonne scolarité. Enfin, on retrouve les parents attentifs qui n’aident que rarement les enfants
avec leurs devoirs mais qui portent un réel regard sur le suivi de la scolarité. Ainsi, le comportement
des familles reste très inégal au vu de leur diversité. En France, 75 % des enfants reçoivent une aide
d’au moins un des parents. Cependant, le milieu social a une forte influence sur ces chiffres. En effet,
parmi les parents bacheliers, plus de 90 % aident les enfants tandis que ce pourcentage tombe à 65
% chez les parents non bacheliers. On remarque souvent que les élèves présentant des difficultés à
l’école sont issus de familles peu impliquées dans leur scolarité.
Le rôle des parents dans la réussite scolaire
Chaque famille a un fort impact sur la réussite scolaire des enfants qui en sont issus. Il est important
de savoir que cette réussite est fortement influencée par la communication entre les parents et le
personnel des établissements éducatifs, mais également par l’implication de la famille dans le suivi
de la scolarité des enfants. C’est ici que l’Etat entre en jeu, il doit s’assurer de maintenir et de faire
évoluer le lien essentiel entre les parents d’élèves et les établissements scolaires. Aujourd’hui, les
familles légalement responsables de leurs enfants sont considérées comme des membres de la
communauté éducative. C’est un rôle qui s’inscrit dans le Code de l’Education, ainsi mis à jour par la
Loi pour l’Egalité des Chances, mais aussi par la circulaire d’application du 25 août 2006 et par le
décret du 28 juillet 2006.
Autonomie, motivation et responsabilité scolaire
L’attitude des parents est ainsi un des éléments les plus importants dans la réussite scolaire des
enfants. Elle se doit d’encourager l’autonomie, la motivation, mais aussi la responsabilité scolaire.
C’est pourquoi il est important que les familles portent un réel intérêt à la scolarité de l’enfant, tout
en respectant son rythme de travail et en lui laissant une certaine liberté face à l’accomplissement de
ses tâches. De même, le stress de performance lié à la pression familiale est à éviter, et il faudrait
privilégier les mécanismes d’apprentissage adaptés à chacun. Les parents peuvent également aider
l’enfant à comprendre ses forces, en soulignant l’effort accompli, sans pour autant se lancer dans
une idéalisation excessive. Il peut être intéressant de lui donner des pistes pour bien planifier un
travail ou se préparer correctement à un examen.
Ainsi, le rôle de la famille n’est pas de faire le travail de l’enfant à sa place mais d’établir une
atmosphère propice à la réussite, sans oublier que l’enfant doit être responsable face à ses
apprentissages. Le développement de l’autonomie est essentiel et peut être mis en place en aidant
l’enfant à comprendre l’intérêt du travail à l’école et des devoirs. Les parents devraient également
avoir les informations suffisantes quant aux pratiques et aux attentes des enseignants vis-à-vis du
travail à la maison. C’est notamment là qu’entrent en jeu les réunions parents-enseignants. En effet,
au-delà du soutien familial, un rapport établi et bien entretenu entre la famille et les établissements
scolaires est essentiel, le partenariat famille-école étant une garantie de motivation pour les
apprentissages de l’enfant.